samedi 11 janvier 2014

La découverte du chaos!

Tortue, tortue ! (photos qui n ont rien a voir puisque toutes les autres furent perdues...)
Dimanche dernier, nous avons dit au-revoir à Maya et au camping jaguar Azul, un brin de tristesse dans la tête pour reprendre nos aventures!
Trois semaines à Samaipata nous ont permis de nous reposer, de faire de belles rencontres mais nous ne pouvions attendre plus longtemps l'arrivée du petit bébé de Maya. Désormais, le temps nous est compté et les kilomètres jusqu à Lima encore bien nombreux. Alors laissant notre amie entre de bonnes mains, nous nous dirigeâmes vers Santa Cruz, pour atterrir dans une chambre d'hôtel dans laquelle nous ne réalisâmes pas de suite qu'elle était infectée par des centaines de cafards, la majorité dans notre lit!
Après une nuit étouffante dans la chaleur de cette ville, nous sommes arrivés à 6h du matin dans l'impressionnante gare routière de Santa Cruz. A 7h00 nous étions dans ce bus sans grand confort avec une bonne cinquantaine de boliviens, de très jeunes enfants, des personnes âgées et un tout petit chat blanc!

Deux heures plus tard, le bus s'arrête. Il fait déjà extrêmement chaud dans cette région tropicale.


Visiblement, personne ne sait trop ce qui se passe... une folle envie de faire pipi nous contraint a aller montrer nos fesses aux centaines de boliviens dans le coin: impossible de trouver un lieu un peu cache sur ce bord de route! Ahhh dans ces moments la je trouve vraiment que la nature est injuste lorsque je vois la facilite avec laquelle Pierre peut aller vider sa vessie. Les mamitas boliviennes, avec toutes leurs grosses et longues jupes épaisses n ont pas ce souci, elles se baissent devant le bus et hopp le tour est joue !

Bref, il fait si chaud que nous sortons du bus et la nous comprenons ce qui se passe: un blocage, un énorme camion en travers de la route ! Après s être approche, nous avons pu constater qu il s agit en réalité d une manifestation, visiblement pour obtenir de meilleures conditions de travail dans ces zones si chaudes, arides, caniculaires!
Et nous voila parti pour des heures d attentes: personne ne sait si cela se débloquera dans une ou dix heures. Il fait tellement chaud et ça y est nous n avons plus d eau, absolument rien a manger...

des heures et des heures d attente, toujours rien! Personne ne semble se soucier réellement de ce blocage, les boliviens attendent, patiemment et sans rien dire. Pourtant il n y a désormais qu un bout de bois au milieu de la route mais non, passivement tout le monde attend, jouent aux cartes, se reposent! Pierre me fait remarquer qu il semblerait presque que c est un jour de fête! il n a pas tort, tout le monde a le sourire.

La nuit commence a tomber... nous sommes désormais des miliers de personnes bloquées la, le bord de la route ressemble a une decheterie faite d excréments, de bouteilles plastiques, de déchets organiques... Il fait toujours si lourd, nous aurions envie de nous mettre en sous vêtement tant c est insoutenable!
Un des chauffeur de bus a entrepris de me coller, il ne me lâche plus, me demande si Pierre est ¨ mon mari ou mon compagnon?¨ vu comme il ne m a plus lâché après, j aurais mieux fait d épouser en une seconde mon cher et tendre.

La nuit est longue, interminable, un peu flippante avec tous ces gens, ces allers retours de motos, ces explosions de pétards. Difficile de trouver le sommeil, encore plus quand les moustiques s en mêlent!

Nous avons pu trouver deux trois empanadas, ces petits chaussons frits a la viande et aux légumes. Maigre repas pour cette journée d attente mais nous nous en contenterons. Si demain le blocage n a pas cesse, nous ferons demi-tour vers santa cruz, autant attendre la-bas, tant pis pour nos billets de bus payes!

A 5h30 du matin, je réveille Pierre qui s est assoupie quelques minutes ¨ viens, on se sauve avant qu il ne fasse trop chaud!¨ J ai appris que ça y est, tout est bloque devant et derrière nous, il ne sera pas plus facile d aller vers Santa Cruz que de foncer vers Cochabamba! Il nous restait que 8h de bus...
Nous récupérons nos sacs dans la soute, le 2eme chauffeur me demande si je n ai pas des soeurs a lui présenter en France... ¨euhhh..... vous en pensez quoi les soeurettes, ca vous tente? il n a que 50 ans.... et a un bus qui est bloque quelque part en Bolivie !
Bref, en route, le barrage a été renforce dans la nuit, un tronc d arbre, des tas de sable, nous traversons a pied et marchons, marchons, marchons a cote de bus, camions, des milliers de véhicules coinces, des gens endormis en dessous des bus, d autres sacs au dos tentant a leur tour de franchir le barrage. Des centaines de motos font des allers retours comme elles peuvent. Nous sommes bien trop charges pour en prendre une, nos sacs nous font mal et le soleil se fait de plus en plus lourd. J ai soif !!!!!!!! quasi 24h que nous sommes bloques la!

Nous parvenons a trouver une voiture avec 3 boliviens qui nous amène 4 kilomètres plus loin, au niveau d un autre barrage. la impossible de poursuivre en voiture, tout le monde descend, nous marchons de plus en plus vite, le soleil est devenu brûlant sur nos peaux!

Plus tard, toujours a marcher le plus vite possible, un 4X4 avec un caisson a l arrière a réussi, nous ne savons comment, a faire demi tour dans cet incroyable embouteillage de véhicules. Il parvient plus ou moins difficilement a se frayer un passage dans le sens inverse et a notre signe s arrête et nous propose de monter dans le caisson, avec 4 autres gamins, deux adultes et un vieil homme!
Accroches sur le bord, notre tonne sur le dos nous nous tenons comme nous pouvons pour ne pas tomber, puis plus tard parviendrons a monter dans le caisson et après des kilomètres de marches et des kilomètres a se frayer un passage, la voiture accélère! nous sommes libres !! LIBRES !



Il faudra faire 40km dans ce caisson, le cheveux au vent et les enfants déchaînés auprès de nous ! tout le monde est heureux !! Nous sommes libres, nous avançons enfin!
Moi par contre dans bazar, mon téléphone s est bloque, code puk compris, de la merde ce téléphone qui s allume et se bloque tout seul ! Après la même mésaventure pour Pierre il y a un mois, moi je n ai plus qu a changer la carte sim donc plus de téléphone jusqu a notre retour! pas grave vous direz vous! certes! Sauf que dedans il y avait tous les contacts, adresses d auberges pour les villes a venir et puis toutes les photos du blocage ! Du coup, désolé, cela manquera d images mais imaginez le chaos !! C était simplement une sensation de fin du monde !
Nous remercions vivement nos sauveurs qui ous laissent a Pollo Pollo, nous attrapons un taxi pour faire 60km, puis un autre pour une bonne demi heure, puis encore un autre et des heures plus tard nous arrivons a Villa Tunari, a 4h de Cochabamba ! Tant pis pour notre destination finale, cela attendra un jour de plus, nous sommes a bout de force et ce climat tropical devient difficilement soutenable ! Puant comme jamais nous pourrons enfin prendre une douche, boire et surtout nous reposer !


Un ptit coin de paradis a Villa Tunari


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