jeudi 19 décembre 2013

Bolivie encore et toujours...

Une Eglise a Potosi

Puisque le temps passe sans que nous ne prenions le temps de vous donner quelques nouvelles, je me pose un instant pour simplement dire que nous sommes tombés "en amour" de ce beau pays !
Actuellement à Samaipata, dans la Région de Santa Cruz, les connexions internet sont rares et extrêmement mauvaises!
Après notre périple dans le désert il y a une vingtaine de jours, nous avons rapidement séjourné à Uyuni. Cette ville du désert ne nous a pas réellement conquise alors c'est très rapidement que nous avons filé vers Potosi la rude.
Potosi se trouve à 4100m d'altitude. Une ville minière à l'architecture coloniale.
L'activité principale pour les touristes dans cette ville c'est de visiter les mines. Seulement, nous avons décidé par souci de "conscience et respect" de ne pas faire cette visite, gênés de prendre les gens d'ici pour des bêtes de foire, ne souhaitant pas venir avec nos gros sabots observer ces personnes qui travaillent si durement dans des lieux où si fréquemment encore il y a des morts, des éboulements, des asphyxies, où les miniers gagnent une misères, se tuent à la tache et tentent de garder un peu d'oxygène dans le corps en mâchouillant des feuilles de coca.
A défaut d'aller au fond des mines, nous avons vu les femmes de miniers et certains d'entre eux, manifester en silence, bloquer les rues en s'asseyant au sol, revendiquer le droit à de meilleures conditions de vie, de travail...
La route qui mène d'Uyuni à Potosi dure 4h... Et les couleurs découvertes sur notre passage passaient du rouge ocre au jaune citron ou orangé.
Jamais je n'avais vu de roches si jaunes, de terre citronnée. Les minéraux donnent des couleurs extraordinaires à ce pays, c'est surprenant!
Au fil des heures nous avons aussi retrouvé un peu de végétation, des arbres, de la verdure.
Les troupeaux de lamas, la route qui tournent dans tous les sens... Il ne faut pas avoir le coeur sensible en voiture!
La ville de Potosi nous a tant charmé que nous y sommes restés une bonne semaine. Nous y avons pris nos marques, trouvé le petit resto où manger une soupe "quinoa-legumes" le soir, fait le tour de cet énorme marché couvert où l'on trouve le labello Nivea, la papaille et le piment... Des mètres et des mètres de petites officines, des prix souvent dérisoires...
A Potosi nombreuses femmes sont habillées de manière traditionnelle: de petites sandales, des collants épais beiges, roses, verts... Une jupe ou robe, et le tissus coloré des andes sur le dos qui fait office de châle ou de porte bagage ou enfant!
De longues tresses se balancent sur leur dos...



lundi 2 décembre 2013

BIENVENUE EN BOLIVIE!

Drapeau bolivien
On vous racontera toutes les aventures plus tard...
Mais puisque les images parlent d´elles même voici quelques photos...


Laguna Verde.

Malgré les heures de jeep a être secoués dans tous les sens, les pauses étaient incroyables ! Nous avons sillonnés les pistes désertiques du désert, croisés des lamas a volonté...
Les mineraux dans l´eau offraient aux lacs des couleurs fortes et surprenantes... Rouge, vert, jaune, rose...

Notre 4x4 perdu dans le desert.

Laguna colorada


Coucher du soleil dans le désert.

Desert d'Atacama et Sud Lipez


Lagune du Sud Lipez (Bolivie)


Ce que nous avons découvert lors de notre périple à travers le désert d'Atacama est difficilement descriptible.
Si nous savions que ces 3 jours à travers le désert seraient rudes, nous ne nous attendions pas à être autant touchés par la beauté des paysages.
Comme des enfants nous ne cessions de répéter "mais que c'est beau!!!!"


Mercredi dernier, nous sommes partis à l'aube pour la frontière bolivienne! Après un mois fourni au Chili, nous étions heureux de découvrir enfin la Bolivie...
C'est à 4000m d'altitude que, dans un petit baraquement qui ressemblait plutôt à une veille bergerie, que nous avons obtenu dans nos passeport le fameux tampon d'entrée en Bolivie! Aucun garde armée, aucune fouille.



Avec Rachel la malaisienne, Lucie et Gaspard le chouette p'tit couple franco-chilien, nous avons fait la rencontre de notre guide et chauffeur et c'est dans notre 4x4 Toyota Land Cruiser que nous avons commencé nos jours de route!

Passer de 2000m d'altitude a 5000 dans la même journée est difficile, dangereux et marquant!
Vous avez déjà été si haut? Nous oui et non, Maud oui dans l Himalaya, Pierre non... mais expérimenté ou non la difficulté est la même car le mal des montagnes atteint au hasard, jeune ou vieux, sportif ou non.

Si haut, le souffle est court, chaque geste est un effort important. Mettre ses chaussures ou grimper un escalier et vous avez le sentiment d´avoir couru le 200m et 1 seconde et demi!
Bref, les maux de tête sont violents, le bide est retourné, l´appetit et le sommeil absents et les risques peuvent être l´oedeme pulmonaire ou cérébral.
Certains sont atteints dès 2500m, mais souvent c´est au-delà de 3000... D une fois sur l autre et d une personne a l autre cela varie.
"El soroche" comme l´appellent les andins, est notamment lié au fait de grimper trop rapidement en altitude. On conseille au delà de 3000m de ne pas dépasser les 500m de dénivelé d´une nuit a l autre...

Alors nous voici a 4200m pour notre première nuit, plus de 2000m plus haut! Malheureusement en plein désert les possibilités de logement sont quasi impossible, du coup pas le choix! C´est la ou pas!



mardi 26 novembre 2013

Desert d'Atacama


Vue sur notre guest house a San Pedro de Atacama

Il fait chaud à San Pedro...
On pourrait en faire une chanson...
N'empêche qu'il fait vraiment chaud. Et vraiment très froid la nuit.
" Normal" me direz vous, puisque San Pedro de Atacama est au Nord du Chili, en plein désert! mais quand même...
Et puis y a plein de touristes à San Pedro. Vraiment plein de touristes...
On entend parler français dans tous les recoins de ce village perdu au milieu de volcans, geysers et autres merveilles naturelles de cet ordre...

Geysers a l´aube.



D'ailleurs, parlons geysers.... Il y a quelques jours ( je ne saurais vous dire quand, tellement ma notion d'espace, ici, trompe ma notion du temps... Mais bon, heureusement il y a Maud pour me reaiguiller!), nous nous sommes levés de très bonne heure pour aller voir les si fameux geysers.



Après plus d'1h30 de minibus-tapcul, nous arrivâmes au lieu dit.
Et c'est saisi de froid que notre groupe apprécia le spectacle qui se jouait devant nous. Toute cette fumée qui sort de terre et cette eau bouillante nous a vite fait oublier l'altitude et le froid, le tout sous la lumière du soleil montant. A couper le souffle, remarquez, c'est aussi sûrement parce que nous étions au delà de 4200 mètres d'altitude...

Mais à ce qui parait, cela n'est rien comparé à ce qui nous attend demain, car la route pour Uyuni en Bolivie se fait à travers le désert pendant trois jours, avec au programme des sites aussi beaux qu'inhospataliers...


Petite baignade dans les sources d´eau chaude.




Le voyage c'est aussi ça!

Arrivee dans le desert d´Atacama.

Salut salut !!
Puisque vous êtes nombreux à nous dire " ohh vous en avez de la chance" "ohhh vous ne voudrez jamais rentrer" ou encore " ca va etre dur le retour" sans oublier le traditionnel " je vous envie" et bien il est grand temps de vous annoncer que OUI OUI OUI c'est une incroyable chance que nous avons de découvrir tous ces paysages, de rencontrer ces personnes et cultures mais attention, tout n'est pas toujours si drôle...
Ce soir c´est saumon en papilottes! 
Et voila le resultat, monsieur fait a manger aux dames!
Alors bien sur ce n'est pas pour nier la magie du voyage mais juste annoncer que le voyage c'est aussi des maux de ventre tellement violents que l'on en a des sanglots de douleur qui sortent du corps, des crampes qui vous font réaliser que mince, c'est quand même pas drôle de ne pas savoir ce que l'on a bien pu boire ou manger pour en arriver là...
Ou est-ce l'altitude? Car ça aussi cela ne rigole pas...
Si ce n'était que ça... Mais trouver un medoc, un médecin au milieu du desert... Pas simple!
Et puis il faut dire que les 24h de bus, les 3 nuits sans sommeil (bus-maladie...) N'aident pas...
Alors le voyage c'est top! Incroyable, encore et toujours découvrir de nouveaux lieux mais parfois, les toilettes du bus inondés de pisse, le fait de dormir dans des draps plein de puces de lit etc... Bien c'est moins drôle!
Il faut néanmoins dire que nos 10 jours à Valparaiso nous ont fait du bien. Se poser, prendre le temps, retrouver les copines et simplement déambuler dans cette ville magique.
Nous étions presque nostalgique de partir si loin de ce lieu qui nous avait tant charmé.
C'est ça le voyage, passer 5 nuits au même endroit et déjà se sentir chez soi et avoir du mal à repartir. Il faut dire qu'avant de passer 2 jours chez Maddie et Eva, nous avions atterri une petite semaine à L'Odéon Hostel sur les collines, au-dessus du port, où son propriétaire nous a bichonné tout le séjour. Etant ses seuls voyageurs, nous avons eu le droit à de copieux petits déjeuners, avons grandement utilisé la cuisine et il est même venu nous chanter, accompagner de sa guitare, de beaux chants chiliens.
A plusieurs reprises il nous a confié l'auberge et tout son contenu en rigolant de nous voir rester toujours une nuit de plus!

Maddie et Eva deux jeunes courageuses gaillardes des US !

Pourtant, jeudi dernier nous avons bu un dernier verre (est-ce lui le responsable de 4-5 jours de maux d'estomac que je ne sais plus comment taire??) et à 22h40 avons fait nos au-revoir aux filles, avons sauté dans un taxi pour nous rendre à l'autre bout de la ville où nous manquions de rater notre bus.
Le chauffeur de taxi ayant le feu aux fesses, nous arrivâmes juste à temps: 23h... C'est parti pour une arrivée prévue le lendemain à minuit !!
Patience... Patience !




Une ville pas comme les autres...

Petite vue de Valpo
Valparaiso... Vous en avez sûrement déjà entendu parler...
Vous savez, cette ville perchée au dessus de la mer où se trouve le premier port du Chili, cette cité aux milles couleurs, fief du célèbre poète Chilien Pablo Neruda et qui abrite tant de petits artistes venus de partout...
Mais moi, ce qui m'a le plus marqué, ce ne sont pas ses artistes, ni la belle maison de Neruda... C'est tout autre chose. Ce sont ses chiens.
A Valparaiso, il y a plein de chiens errants, ce qui, pour ma part ne fait que rajouter du charme à cette ville. On les voit partout. Le jour ils se remettent de leur nuit enflammée et surtout se préparent à s'emparer de la suivante. Car ces chiens sont, au même titre que les humains ( errants ou pas), l'âme de cette ville, son sang qui court ( après les flics en motos) à travers ses artères. Surtout au coucher du soleil.

Le soleil se couche, les chiens se réveillent.
Chose intrigante, l'entente entre chiens errants et humains ( errants ou pas..) Est très bonne.
Par exemple, il ne sera pas du tout étonnant de trouver un de ces toutou clochard en train de cuver sa cuite de la veille à l'entrée de magasins, dans le sas d'une banque où se trouve les distributeurs de cash ou en plein milieu d'un trottoir foulé par des centaines de personnes. Cela ne choque personne.
Et surtout, il y a un deal entre chiens et humains un de ces accords tacites mais évident : le chien t'accompagne jusqu'à chez toi pour te protéger; pour quelques instants il s'approprie un maitre de passage. En échange une fois que tu es arrivé dans ta demeure, à toi de lui renvoyer la pareille en lui refilant un bout de bidoche ou autre chose en mesure de le sustenter...


Vraiment, je crois que ce sont ces chiens qui m'ont le plus marqués dans cette ville qui, la nuit, retire son masque de ville touristique, au centre historique classé au Patrimoine Culturel de l'Humanité, aux milles galeries d'art, etc, pour nous dévoiler son visage espiègle de ville portuaire de nuit, place de tous les vices. Il y a cependant une différence avec les autres villes portuaire, Valparaiso, elle, elle a du chien!

jeudi 21 novembre 2013

Valparaiso !


Une des nombreuses trouvailles sur un mur de Valparaiso.












Située au dessus de la capitale Chilienne Santiago, Valparaiso (qui signifie ville-paradis en espagnol) est effectivement le 1er port du chili, aux airs heureux...
Il faut dire que son centre historique a été déclaré Patrimoine culturel de l'Humanité par l'UNESCO en 2003.

Nous sommes depuis plus d'une semaine dans cette ville impressionnante. Nous avons ainsi pu passer des heures et des heures à observer le va et vient des cargos, l'activité des énormes grues déchargeant des containers venus du monde entier.

Une partie du port.








Nous avons également fait le tour d'un impressionnant marché avec des centaines de vendeurs de fruits et légumes, de la viande, du poisson, des olives...














Nous avons grimpé les collines et notamment découvert la belle demeure de Pablo Neruda, ce grand poète et diplomate chilien.

Maison de Pablo Neruda



Nous avons aussi fait un tour vers une plage jonchée d'immondices et observés les phoques et pélicans...

pelicans en haut, phoques qui font bronzette en bas!

Mais Valparaiso c'est surtout l'art... L'art de rue, omni présent. La ville est colorée !!





mercredi 20 novembre 2013

Des heures d'attente à l'hopital... !


Hier en fin d'après-midi nous avons rejoins Maddie et Eva, deux toutes jeunes américaines avec qui nous avions travaillé pendant 10 jours dans une auberge de Patagonie.
Les filles, arrivées deux semaines avant nous à Valparaiso, se sont trouvées un petit studio sur la colline et un petit job payé 1000 pesos de l'heure, soit 1,42 !!!
Nos amies font donc de la vente de bagels et autres pains, toute la journée, pour 1,42€ de l'heure et cette pensée nous a fait beaucoup rire hier soir.
Mais cela, c'était avant de découvrir les urgences de Valparaiso!
Eva a depuis plusieurs jours une infection sur la joue qui grandit, ressemble à une enorme brûlure de cigarette et gagne du terrain de jour en jour.
Ne comprenant pas ce qui se passe et n'ayant pour seule idée que la piqûre d'araignée (certaines mortelles au Chili) nous décidons de nous mettre en quête d'un docteur. Seulement il semblerait que la seule réelle solution ici tient à se rendre aux Urgences.
Nous voici donc tous les 4 à tenter de permettre à Eva de voir un médecin... Il est 19h30...
Dans la salle d'admission une bonne trentaine de personnes attendent...
Les personnes de l'accueil, absolument pas aimables ou concernées par nos requêtes finissent par inscrire Eva sur une liste mais sans nous expliquer réellement où nous devons attendre ni combien de temps.
Il sera Minuit, soit 4h plus tard lorsque son nom sera crié dans un interphone défectueux!
Nous tombons de fatigue et mourrons de faim, nous avons assisté à des gens en pleurs, un jeune homme qui attend depuis un moment s'écroule de sa chaise, il y a du sang frais, venu de je ne sais où, sur son siège. Il est transporté dans une autre pièce, puis la famille arrivera la mine défaite et attendra elle aussi des heures et des heures en espérant avoir des nouvelles du jeune homme!
Il y a aussi les policiers, sans cesse à amener des hommes et des femmes menottés entre les salles d'auscultation et des petits fourgons, (ils ont d'ailleurs un bureau dans la salle d'attente de l'hopital), des chiens errants qui se battent et se pourchassent devant le hall d'entrée... Et puis la tele qui projette en boucle les images des vainqueurs du 1er tour de la présidentielle (Michelle Bachelet est première et favorite... 2eme tour le 15 décembre!)

Finalement, Eva s'en sortira avec une infection de la peau, une crème à appliquer et 65€ de facture! (Va falloir en faire des heures à 1,42€!!!)
Il est 1h du matin passé, le Chili vient de perdre un match de foot contre le Brésil (2-1), -ce fut drôle d'observer les hurlements ou cris de joie depuis notre siège plus ou moins propre de la salle d'attente.-
Nous rentrons tous les 4 composer un petit dîner en souhaitant ne plus avoir besoin de retourner un jour dans un hôpital au Chili. A 3h nous pouvons enfin nous coucher sur un tapis de sol en espérant que leur studio n'est pas infecté d'araignées!

samedi 16 novembre 2013

Et la politique? Et l'humain?


Depuis le début de notre périple, nous n'avons pas été confrontés à une pauvreté trop visible, hurlante.
Il faut dire que le Chili se porte mieux sur certains points que l'Argentine (moins d'inflation...) et que finalement la vie n'y est pas si différente qu'en Europe. Quoi que...
Tout dépend bien entendu des points sur lesquels on effectue des comparaisons...
Ou encore, du regard que l'on a... Des pays que l'on a déja découvert et qui laissent dans la mémoire l'impression qu'il peut y avoir bien pire...


Pourtant, les chiliens comme les argentins ont un salaire minimum bien bas (210 000 pesos au Chili soit environ 300€ par mois et en Argentine il est environ de 400€)...
L'écart entre les niveaux de vie des uns et des autres sont conséquents et quelques grosses fortunes se partagent le magot tandis que d'autres vivent de débrouilles sur le trottoir.
Seulement, pour nous simple voyageurs de passage, nous constatons surtout que le coût de la nourriture, des hébergements sont conséquents au Chili et nous nous demandons tout de même comment la population, étranglée par cette réalité, fait pour survivre.

A Valparaiso où nous sommes depuis quelques jours (à 2h de la capitale chilienne Santiago), une partie des fonctionnaires municipaux sont en grèves et vous avez certainement entendu parler de toutes ces manifestations étudiantes qui visent à demander un accès gratuit et de qualité aux etudes universitaires. Actuellement, l'université est extrêmement chère et contraint les etudiants à renoncer à étudier ou faire de conséquents emprunts.
Alors hasard du calendrier, nous assistons dans les deux pays déjà traversés à d'importantes elections.
Demain dimanche 17 novembre, les chiliens se rendent aux urnes pour élire leur nouveau president (présidente?!!).
Il faut dire qu'en 20 jours dans ce pays nous avons pu voir et voir, et voir encore, et revoir, d'énormes et énormes pancartes, affiches, tracts, murs peints,herbes coupées avec le nom de l'un ou l'autre candidat dans un champ... Bref, une sur-présence de propagande qui laisse pensif et qui donne un peu envie de gerber lorsque l'on imagine les millions de pesos qui sont alloués à cette campagne tandis que sur l'ile de Puluqui, les habitants sont contraints de se cotiser, d'organiser des tombolas, pour permettre à l'un des leurs de se rendre à ses dialyses hebdomadaires, ou l'autre de bénéficier de son opération chirurgicale.
Encore une fois la politique n'est qu'une question de priorité... Chacun les siennes!
Bref... Demain c'est jour d'élection et nous nous demandons si comme le 27 octobre en argentine, cela signifiera coupure totale d'alcool!

Et oui, samedi 26 octobre à 20h jusqu au dimanche 27 20h, les magasins avaient mis des rubans devant leurs rayons de bières, vins et autres boissons alcoolisées et l'on pouvait lire " en raison des élections, la vente de boissons alcoolisées est interdite"... Pareil dans les bars et les restaurants! On ne nous servira pas de bières avant la fermeture des bureaux de vote! Ainsi le pays espère éviter les incidents... Ou est-ce aussi pour éviter que des gens bourrés choisissent le mauvais candidat?
Alors oui, Demain c'est jour d'élection... Peut-être que Michelle Bachelet, ancienne présidente il y a quelques années, (ici les mandats ne peuvent être consécutifs) socialiste, reviendra à la tête du pays...? Peut-être...
Elle a promis aux étudiants l'université gratuite d'ici 6 ans...
Peut-être...




Pensées, permaculture et araignées !

Une petite araignée !
Dimanche 10 novembre, fin d'après midi; une légère brise fait frissonner les feuilles des arbres et court sur nos visages qui prennent un petit bain de soleil.
Je vous passe le passage sur le chant des oiseaux, les odeurs et la couleur des fleurs..
C'est donc au fin fond de cette campagne chilienne, au cours de cette sereine après midi de repos que je me prends le temps de vous faire rêver, vous chers lecteurs avides de nouvelles aventures et plus particulièrement ceux qui en redemandent...
Voilà maintenant un bon mois que nous avançons à travers ces nouveaux horizons ayant nos seuls désirs pour guide.
Et maintenant que nous avons largement entamé ce qui il y a peu encore n'était que l'objet de nos rêves les plus fous, je ne peux m'empêcher de prendre quelques pieds de recul et réaliser avec quelque effroi que tous ces endroits qu'on a visité, que toutes ces personnes qui nous ont chaleureusement accueillies, toutes ces expériences appartiennent désormais au vécu.

Le four a pain de la ferme.
Et puisqu'il y a fort peu de chance que nous remettions un jours les pieds dans ces endroits, un certain nombre de questions surgissent et taraudent nos pauvres consciences. Ces questions globalement tournent autour du même sujet: a-t-on profité à fond de ces différents lieux?
Alors, certes, nous n'avons pas eu la fougue de ces touristes que l'on peut voir accrochés à leur guide et visiter sans relâche avec l'endurance de marathoniens, comme s'ils avait un soucis de rentabilité de leur voyage, oui nous avons parfois passé du temps entre quatre murs à nous laisser aller à lire, glander, rêver mais je pense malgré cela que nous avons vécu tous ces lieux et personnes au mieux et revenons vraiment enrichis de ces différentes expériences.
Maintenant, nous sommes donc dans la campagne chilienne dans une ferme alternative où à part le dimanche, nous passons le plus gros de nos journées les mains dans la terre.

Une partie du potager et des poules...

Les rangées d ail que nous avons désherbé.
Je m'explique. Ici le principe est simple, tu bosses 8heures par jours soit au potager, soit à la construction et en échange t'as un lit pour cuver ta journée de labeur et de bons légumes et autres mets en guise de repas.
Et vu ce que l'on mange, c'est plutôt reglo comme système. Et en plus de ça, t'apprends pleins de trucs sur la permaculture et l'écoconstruction.

le mexicain et Jorge le chilien.

Et puis la vie en communauté, en fin de compte on s'y fait assez vite; sur qu'il y a certaines contraintes qui subsistent comme cette éternelle barrière de la langue qui nous empêche de nous exprimer comme on le souhaite. Mais bon ce n'est pas dramatique.
Les moments en communauté, à El Manzano ce sont eux qui rythment notre journée.
Par exemple, je repense à cette douce soirée où de la viande fraîche grillait sur le feu et où nous buvions de la bière entraînés par de les morceaux de guitare et autres chants chiliens...

soirée barbecue et musique...

Après, y a des trucs qui demandent plus de temps à l'adaptation, comme la douche que l'on ne peut prendre que très tôt le matin ou tard le soir au risque de se brûler... Oui je parle des douches solaires, celles qui sont au milieu du jardin...
Sinon, il y a aussi les mouches des toilettes sèches mais bon après tout, des chiottes, c'est des chiottes et pour ce qui est des odeurs, ma foi cela ne dépend pas de la qualité de l'endroit sur lequel on trône quelques instants mais plutôt de qui a trôné juste avant vous et ce genre de désagrément, on le trouve dans n'importe quelle chiotte, de la plus luxueuse à la plus... merdique.
Cette ferme-communauté écologique s'étale sur 12 hectares de champs, maisons, ruisseaux, forets, cultures... Il y a de nombreux moutons, des poules au milieu des potagers (afin qu'elles travaillent la terre), des chevaux, un étang et tout un système d'irrigation permettant d'arroser les cultures, des champs de myrtilles, des arbres fruitiers, des potagers avec une tonne de salades, des fèves, des choux et même du fenouil planté par un français de passage.
Nous avons passé de longues heures à repiquer citrouilles, choux et salades. Nous avons également fait du désherbage d'ail sur des mètres et des mètres.
Dehors, au soleil, au milieu des verres de terre, des araignées géantes et des oiseaux qui chantent. Cela fait du bien d'avoir les mains sales! Ça fait mal au dos aussi d'être à quatre pattes toute la journée....
Le commencement de ce lieu si spécifique date de 2007. Des parents qui travaillaient leur terre de manière conventionnelle on transmis à leurs 3 enfants la ferme. La soeur ayant fait des études d'agronomies et autre permaculture en nouvelle Zélande y ramena de nouvelles idées et convertie ses frères à la cause. Désormais, on vient de tout le Chili pour des séminaires sur la permaculture et l'eco-construction.

Le bâtiment où nous avons été logés

l'intérieur du bâtiment, lieu de vie et de cours lors des séminaires.

La permaculture est une science de conception des cultures et de lieux de vie utilisant des principes d'écologie et le savoir faire des sociétés traditionnelles pour recréer une diversité et une stabilité des écosystèmes naturels.
L'idée est notamment d'être dans une culture économe en énergie dépensée en favorisant le travail manuel à celui mécanique ou utilisant des carburants mais également de respecter les êtres vivants et considérer qu'ils ont tous une utilité (de la plante aux insectes...).


Nous avons également pu découvrir toutes les constructions réalisées avec des matières naturelles et manuellement.
Un sacré projet qui nous a permis de travailler auprès d'un jeune Chef fin gastronome péruvien, des chiliens, une américaine et son mari mexicain, un couple de portugais...

une partie du batiment principal.